lunes, 30 de junio de 2014

Ces drapeaux étrangers qui affolent l'UMP

Christian Estrosi ne veut plus voir que du tricolore. Le député-maire (UMP) de Nice a décidé, ce lundi, de prendre un arrêté «interdisant l’utilisation ostentatoire de tous les drapeaux étrangers sur l’hypercentre» de la ville pendant la durée de la Coupe du monde de football. Et ce, assure Estrosi, pour «maintenir l’ordre et la tranquillité publique et éviter les débordements, comme ceux qui ont pu se dérouler dans la nuit du 26 au 27 juin dans l’agglomération parisienne, dans la région lyonnaise, à Marseille et dans le Nord», explique le maire de Nice dans un communiqué, visantles incidents en marges des manifestations ayant célébré la qualification de l’Algérie en huitièmes de finale. Presque aussi fort que Marine Le Pen qui a prôné la «fin de la double nationalité», à la suite du match Algérie-Russie.

Ce n’est pas la première fois que la droite fait la course avec le Front national sur ce thème. Dénoncer les drapeaux étrangers déployés les jours de match de leur équipe est d’ailleurs une marotte des députés de la Droite populaire, branche droitière de l’UMP. Lionnel Luca et Thierry Mariani n’ont pas manqué de désapprouver ce spectacle la semaine dernière, condamnant aussi bien cette«utilisation ostentatoire» — selon la formule de Christian Estrosi — que les débordements. Député des Français de l’étranger, Mariani a ainsi tweeté:
En janvier 2010, en plein débat voulu par le ministre de l’Immigration, Eric Besson, sur l’identité nationale, c’est le maire (UMP) de Marseille, Jean-Claude Gaudin, quiavait pesté contre ces démonstrations de joie, après une victoire des Fennecs contre l’Egypte. «Nous nous réjouissons que les musulmans soient heureux du match. Sauf que quand, après, ils déferlent à 15 000 ou à 20 000 sur la Canebière, il n’y a que le drapeau algérien et il n’y a pas le drapeau français, cela ne nous plaît pas», avait-il déclaré, confondant allègrement musulmans et supporters algériens ou franco-algériens.

PROPOSITION DE LOI

Les drapeaux étrangers déroulés lors des mariages contrarient aussi certains élus UMP. Christian Estrosi avait lui-même pris un arrêté en 2012 pour que les nocescélébrées à l’hôtel de ville de Nice se tiennent sans cris, ni sifflets, ni «drapeaux notamment étrangers», ni groupe de musique «folklorique» non autorisé, sous peine de voir la cérémonie repoussée de 24 heures. Il estimait déjà que ces comportements sont «de nature à troubler […] la tranquillité (des riverains) et la solennité de l’instant». L’interdiction ressurgit régulièrement dans certaines mairies de droite, en particulier dans le sud de la France. Fin 2009, Elie Aboud, député (UMP) de l’Hérault avait déposé une proposition de loi pour «faire respecter les symboles républicains lors des célébrations de mariage» en mairie. L’alors adjoint au maire de Béziers — ville gagnée en mars par Robert Ménard, proche du FN — avait embrayé après un arrêté municipal du même type pris par Jacques Bompard, maire d’extrême droite d’Orange. Signé par une centaine de ses collègues UMP, le texte qui devait permettre au maire «d’interdire aux participants d’arborer des drapeaux ou signes d’appartenance nationale autres que ceux de la République française», n’a jamais été examiné à l’Assemblée nationale.
Et lorsque ces drapeaux étrangers sont déployés pour fêter une victoire électorale de la gauche, c’est le summum de l’offense pour l’UMP. Après l’élection de François Hollande, le 6 mai 2012, la sarkozyste Nadine Morano — mais aussi Jean-François Copé, Guillaume Peltier et Laurent Wauquiez — s’était indignée de voir «très peu de drapeaux bleu-blanc-rouge» place de la Bastille, et «beaucoup de drapeaux rouges et de drapeaux étrangers».

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