viernes, 28 de junio de 2013

Fukushima: la contamination radioactive évolue

Comment évolue la contamination radioactive des sols et de l'environnement au Japon depuis l'accident nucléaire de Fukushima Daï-ichi ?
L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a publié récemment uneinformation pour les résidents français au Japon qui permet de faire le point. En voici un résumé dont il ne faut pas avoir une lecture trop "optimiste", pour deux raisons. (A gauche, deux cartes montrent l'évolution des débits de doses du sol en un an.)
► La première est que le risque sanitaire consécutif à la radioactivité de l'accident résulte également de l'exposition initiale, beaucoup plus forte. Outre le cas des travailleurs qui interviennent sur le chantier de la centrale nucléaire accidenté, se pose la question des cancers de la thyroïde chez les enfants, attribuables à l'inhalation d'iode radioactif. La presse japonaise vient d'évoquer 12 diagnostics de cancer de la thyroïde sur 360.000 enfants (âgés de moins de 18 ans en 2011) suivis depuis l'accident et plus précisément sur les 174.000 enfants qui auraient subi les doses les plus fortes. Lire cette note plus précise sur ce point.
► La seconde est que le "mieux" enregistré en termes de contamination des sols ou la maîtrise de celle des aliments ne doit pas cacher l'existence des zones interdites au retour pour longtemps, les terres non cultivées, l'effort permanent pour s'en protéger, etc... Mais voici les éléments principaux du communiqué de l'IRSN.
► Une diminution faible mais significative des débits de doses (du rayonnement gamma) dans l'environnement - sol, arbres... - qui déterminent l'exposition externe des êtres vivants par irradiation gamma. Le graphique ci-contre montre cette évolution mesurée entre novembre 2011 et novembre 2012 pour le césium-134.
Cette diminution provient de la décroissance radioactive du césium-134 (2,1 ans de demie-vie, il en reste donc environ la moitié du stock émis par l'accident), mais aussi de la migration de l'élément dans les sols, le lessivage de ces derniers qui emporte la radioctivité vers les rivières et l'océan...
Cesium 137 novembre 2011 et 2012 ► Cette autre carte montre l'évolution pour les débits de doses dus au césium-137. Avec une demie-vie de 30 ans, il a très peu décru. Et représente 64% de l'activité des dépôts radioactifs, un pourcentage qui va croître. L'évolution est donc beaucoup moins forte que pour le césium-134 et la part due à l'évacuation des atomes radioactifs dans le sol ou vers les rivières, le recyclage par les plantes  est plus importante que la décroissance radioactive.
Passer des cartes de débit aux doses reçues suppose de tenir compte de l'exposition réelle. Ainsi, dans les zones interdites d'accès, par définition cette exposition est nulle pour la population, et limitée aux intervenants à la centrale nucléaire ou à d'éventuels passages de personnels de sécurité et de surveillance. Dans les zones où le séjour permanent est interdit mais où le passage ou une activité de jour est autorisé sous conditions, il faut diviser les doses émises par le temps passé. Enfin, la protection des murs d'un bâtiment peut diminuer considérablement la dose reçue par rapport à un séjour en extérieur.
 ► Il existe aujourd'hui trois zones selon le texte de l'IRSN (graphique ci-contre). «La zone 1 où l’interdiction de séjour de la population a été levée du fait de doses prévisibles inférieures à 20 mSv/an. Cela concerne certains secteurs des municipalitésde Kawauchi, Tamura, Okuma, Nahara, Minamisoma et deux secteurs d’Iitate. La zone 2 où le séjour des populations reste interdit à court-terme car les doses susceptibles d’être reçues en cas de séjour permanent pourraient dépasser 20 mSv/an. Seuls des retours ponctuels autorisés et encadrés par les pouvoirs publics japonais sont possibles à l’heure actuelle. Pour ces zones, les autorités japonaises visent un retour de la population dans quelques années. La zone 3, où le séjour des populations à long-terme est difficilement envisageable du fait de doses susceptibles de dépasser une valeur de 50 mSv/an. Seuls un accès très ponctuel est possible, sous réserve d’une autorisation des pouvoirs publics japonais et du port d’équipements de protection. Cela concerne certains secteurs des municipalités de Minamisoma, Okuma, et d’Iitate.»
► L'exposition réelle est aussi déterminée par une distribution beaucoup plus fine des doses émises, avec des taches plus fortes qui ne sont pas apparentes sur une carte à grande échelle.
► La contamination des aliments semble être maîtrisée selon les chiffres donnés par le gouvernement japonais. Les denrées alimentaires sont très surveillées et le pourcentage d'échantillons qui dépasse les limites fixées - avec une diminution de la dose maximale tolérée en avril 2012 à 10 becquerels de césium pour l'eau potable, 50 pour le lait, 100 pour les autres denrées, 50 pour les aliments pour nourisson à comparer à la radioactivité naturelle de ces aliments: environ 80 bq pour le lait, ou 150 bq pour la pomme de terre - est de plus en plus petit (graphique). D'après l'IRSN : «une personne qui consommerait en permanence des denrées dont la concentration en césium se situerait juste en dessous de la norme de 100 Bq/kg applicable au Japon. La dose annuelle reçue serait d’environ 1 mSv/an.» (La radioactivité naturelle en France provoque des doses situées entre un peu moins de 1 et 5 millisieverts par an en moyenne).

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